C'était une chose curieuse à voir que ces deux cavaliers volant côte à côte, sombres, silencieux, ne seperdant pas un seul instant de vue, sans avoir l'air de se regarder, s'abandonnant à leurs chevaux, dont la course désespérée les emportait à travers lesbois, les rochers et les précipices. Ma tête renversée me permettait de voir les beaux yeux de Grégoriska fixés sur les miens. Kostaki s'en aperçut, mereleva la tête, et je ne vis plus que son regard sombre qui me dévorait. Je baissai mes paupières, mais ce fut inutilement . à travers leur voile, jecontinuais à voir ce regard lancinant qui pénétrait jusqu'au fond de ma poitrine et me perçait le coeur, alors une étrange hallucination s'empara de moi .il me sembla être la Lénore de la ballade de Burger, emportée par le cheval et le cavalier fantômes, et, lorsque je sentis que nous nous arrêtions, ce nefut qu'avec terreur que j'ouvris les yeux, tant j'étais convaincue que je n'allais voir autour de moi que croix brisées et tombes ouvertes. Ce que je vis n'était guère plus gai, c'était la cour intérieure d'un château moldave, bâti au quatorzième siècle, XII LES MONTS CARPATHES. polo lacoste 127 Page 131 XIII LECHÂTEAU DE BRANKOVAN. Alors Kostaki me laissa glisser de ses bras à terre, et presque aussitôt descendit près de moi . mais, si rapide qu'eût été sonmouvement, il n'avait fait que suivre celui de Grégoriska. Comme l'avait dit Grégoriska, au château il était bien le maître, En voyant arriver les deuxjeunes gens et cette étrangère qu'ils amenaient, les domestiques accoururent . mais, quoique les soins fussent partagés entre Kostaki et Grégoriska, onsentait que les plus grands égards, que les plus profonds respects étaient pour ce dernier. Deux femmes s'approchèrent . Grégoriska leur donna un ordre enlangue moldave et me fit signe de la main de les suivre, Il y avait tant de respect dans le regard qui accompagnait ce signe, que je n'hésitai point. survetement lacoste pas cher homme, Cinqminutes après, j'étais dans une chambre, qui, toute nue et toute inhabitable qu'elle eût paru à l'homme le moins difficile, était évidemment la plus belledu château. C'était une grande pièce carrée, avec une espèce de divan de serge verte, siège le jour, lit la nuit. Cinq ou six grands fauteuils de chêne, unvaste bahut, et, dans un des angles de cette chambre, un dais pareil à une grande et magnifique stalle d'église, De rideaux aux fenêtres, de rideaux au lit,il n'en était pas question. On montait dans cette chambre par un escalier, où, dans des niches, se tenaient debout, plus grandes que nature, trois statuesdes Brankovan. Dans cette chambre, au bout d'un instant, on monta les bagages, au milieu desquels se trouvaient mes malles. Les femmes m'offrirent leursservices. Mais, tout en réparant le désordre que cet événement avait mis dans ma toilette, je conservai ma grande amazone, costume plus en harmonie aveccelui de mes hôtes qu'aucun de ceux que j'eusse pu adopter.